lundi 17 janvier 2011

Comment vous voient les recruteurs ?

 


Angoissé, sans-gêne, aguerri : comment les recruteurs vous analysent-ils ? Ils nous dévoilent leurs secrets pour détecter votre vraie personnalité et révéler les imposteurs.
Le bavard

Les candidats ont souvent l’impression que plus ils en disent, plus l’entretien est un succès. À tort ! « Je me souviens d’un candidat avec lequel je n’arrivais pas à placer deux mots, raconte Philippe Vidal, président de Vidal Associates. Il n’attendait pas la fin de mes questions, me coupait… Cela révèle énormément de stress, une peur du silence, un besoin de contrôler l’entretien et une grave lacune côté communication. »
Frédéric Rosant, responsable de la filiale recrutement d’Acttif, a aussi eu affaire à ce type de personnalité. « Il me fatiguait ! Il débitait des phrases toutes faites, donnait trop de détails… Il était du genre à coincer la porte avec le pied quand on essayait de la fermer. Bref, il était clair qu’il aurait du mal à s’intégrer à une équipe. Nous avons même failli nous fâcher. » Seulement, le candidat correspondait en tous points à ce que recherchait l’entreprise. Le recruteur a donc décidé de le présenter tout de même à son client, tout en le prévenant sur ses observations. Résultat : un essai de deux semaines avant de découvrir qu’en effet, l’intégration se passait mal.
Le timide
À l’inverse, certains candidats répondent par monosyllabes, soit parce qu’ils sont laconiques par nature, soit parce que l’angoisse les prive de leur verve habituelle. La réaction du recruteur dépend alors du poste à pourvoir. « Pour un poste de comptable ou dans la recherche et le développement, ce n’est pas rédhibitoire. En revanche, pour un poste de manager ou de commercial, c’est plus inquiétant », admet Philippe Vidal. Généralement, les recruteurs essaient de mettre à l’aise ce type de candidats. « Quand on a affaire à une personne très introvertie, on essaie de la détendre, on lui demande si elle n’a pas eu de mal à trouver, on lui offre une collation… », explique Alain Mlanao, directeur de Walters Intérim. Dans tout les cas, mieux vaut essayer de surmonter votre timidité durant l’entretien car un candidat muet donne forcément du fil à retordre aux recruteurs.
L’expert de l'entretien d'embauche  
« Certaines personnes sont rompues à l’exercice de l’entretien de recrutement et ça se voit ! », remarque Frédéric Rosant. Réponses prêtes avant même que la question ne soit posée, répliques qui coulent toutes seules, entretien sous forme de match de ping-pong… « J’essaie de creuser davantage quand je tombe sur ce type de profil », précise le recruteur. Sa solution ? Insister sur certaines questions, chercher à en savoir plus derrière la façade, sortir du cadre habituel. « Il ne faut pas oublier que nous aussi, nous sommes aguerris ! »
L’imposteur  
Les candidats peuvent être de très bons acteurs : ils jouent devant leur interlocuteur le rôle qui, selon eux, leur permettra de décrocher le job. Mais les recruteurs sont de fins observateurs et ils décèlent souvent ces tromperies. Prenons l’exemple d’un candidat qui se dirait très ouvert et sociable, capable de fédérer des équipes… mais qui serait désagréable avec le personnel de l’accueil en attendant son entretien. Ou encore celui d’une personne qui se qualifie de très rigoureuse et qui ne remplirait pas soigneusement les papiers qu’on lui confie. « Les petits détails sont extrêmement parlants », prévient Alain Mlanao.
Comment les recruteurs vous cernent-ils ?
À chaque recruteur son astuce pour détecter votre véritable personnalité. Philippe Vidal étudie notamment les réactions aux questions difficiles. « Un candidat peut soit rebondir, soit se braquer. S’il se braque, cela révèle un certain niveau de rigidité. » D’autres sont friands des mises en situation. Vous rencontrez telle difficulté dans votre travail, comment réagissez-vous et pourquoi ? Voilà une question qui permet d’en apprendre beaucoup. « Le profil se révèle par la capacité à s’adapter aux différentes situations », affirme Alain Mlanao. Le regard en dit aussi très long. « Les candidats qui ont du mal à regarder le recruteur dans les yeux ont souvent exagéré dans leur CV, ils ne sont pas à l’aise sur certains points », remarque Philippe Vidal.
Mais sachez qu’il n’y a pas de personnalité idéale pour séduire les recruteurs. Tout dépend bien sûr du poste à pourvoir, comme le souligne Alain Mlanao : « une personnalité pourra être appréciée dans un métier et totalement inefficace dans un autre. »

Que recherchent les recruteurs en entretien ?

 


Pour les recruteurs, l’entretien d’embauche est un exercice essentiel qui va leur permettre de savoir si vous êtes le candidat idéal. Toutefois, ils disposent de peu de temps. Alors sur quoi vont-ils se concentrer ?
Avez-vous menti sur vos compétences ?
Si vous êtes arrivé jusqu’à l’entretien, c’est que le recruteur a déjà estimé que vous possédez les capacités requises. L’entretien va donc lui permettre d’affiner son évaluation et de vérifier si vos compétences correspondent bien à ce qui est affiché sur votre CV.
Si vous avez affaire à votre futur manager, vous n’échapperez aux questions techniques et mises en situation du type : « Si vous vous retrouviez face à tel problème, comment le régleriez-vous ? ». Le recruteur peut aller plus loin en vous proposant un petit test de compétences ou un exercice pratique, par exemple réaliser un travail graphique sur Photoshop pour un webdesigner. Sans oublier les langues : si le poste nécessite la maîtrise de l’anglais, il y a de fortes chances pour qu’une partie de l’entretien se fasse dans la langue de Shakespeare.


Êtes-vous motivé par CE poste et CETTE entreprise ?
« Le recruteur a besoin d’être rassuré, il veut savoir qu’il fait le bon choix, analyse Axelle Mitanchet, responsable recrutement de la  société SPB. L’implication dans l’entretien et l’intérêt porté au poste sont donc très importants. » La motivation peut même faire toute la différence entre deux candidats de compétences égales. Pour évaluer votre enthousiasme pour le poste, le recruteur pourra opter pour des questions du type :
  • Qu'est-ce qui vous attire le plus dans l’emploi proposé ?
  • Pourquoi choisiriez-vous notre entreprise plutôt qu'une autre ?
  • Connaissez-vous notre culture d'entreprise ?
  • Quels aspects de votre dernier emploi préfériez-vous ?
  • Lesquels aimiez-vous le moins ?
  • Y-a-t-il d’autres postes dans notre entreprise qui vous intéresseraient ?
  • Est-ce que vous jugez avoir réussi cet entretien ?
Il veut percer à jour votre vraie personnalité
En fonction de votre débit de parole, de votre attention et de vos réactions, le recruteur tente aussi de se faire une idée de votre personnalité. « Les recruteurs sont très sensibles au non-verbal. C’est une question de feeling », souligne Axelle Mitanchet. Des bras croisés sont en général interprétés comme un manque d’ouverture et d’écoute. Des yeux fuyants peuvent indiquer une personnalité timide ou peu sociable…
Du côté des questions, les recruteurs peuvent aborder toute une panoplie de sujets pour mettre à jour votre tempérament :
  • Avez-vous déjà fait face à un conflit ? Comment l'avez-vous résolu?
  • La pression vous motive-t-elle ou vous stresse-t-elle ?
  • Quelle a été la décision la plus difficile que vous ayez jamais eu à prendre ?
  • Quelle expérience professionnelle a été la plus riche d'enseignements pour vous ?
  • Que faites-vous si votre manager ne prend pas en compte l'une de vos suggestions ?
  • Où se situe pour vous l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?

Vous intégrerez-vous facilement dans l’entreprise ?
« Nous essayons d’évaluer l’adhésion du candidat aux valeurs du groupe et à l’esprit d’équipe », explique Axelle Mitanchet. Pour cela, le recruteur peut par exemple vous demander quelles étaient vos relations avec vos anciens collègues ou encore dans quelle ambiance professionnelle vous vous sentez le mieux. Il peut aussi être plus subtil et déduire ces renseignements de la façon dont vous vous comportez. Par exemple, si vous expliquez que vous appréciez le travail en équipe et prenez en compte l’opinion des autres alors que vous ne l’écoutez pas quand il vous parle, il notera le manque de cohérence entre votre discours et votre attitude.

Votre projet professionnel est-il en adéquation avec l’entreprise ?
« Le candidat doit prouver qu’il n’est pas là par hasard, prévient Jean-Louis Michelet, fondateur de Primastone Consultant, société de conseil en évolution professionnelle. Car c’est un potentiel de progrès que le recruteur cherche à évaluer ». Vous devez être capable d’expliquer pourquoi vous avez choisi cette entreprise et ce que vous attendez de votre carrière. Aimez-vous vous adapter au changement, par exemple avec des formations complémentaires ? Combien de temps vous imaginez-vous rester à ce poste ? Pensez-vous pouvoir progresser davantage ?
Le recruteur cherche tout simplement à savoir si vous avez l’intention de quitter l’entreprise dans six mois, le laissant de nouveau avec un poste à pourvoir et quelqu’un à former. Comme l’explique Jean-Louis Michelet, « exposer un projet professionnel prouve aussi que vous connaissez bien le poste. C’est un bon moyen de montrer que vous savez dans quoi on vous vous embarquez. » Et c’est exactement ce que veut découvrir le recruteur : pourra-t-il compter sur vous à long terme ?

Parler salaire en entretien : 6 erreurs à ne pas commettre

 


"Quelles sont vos prétentions salariales ?" Face à cette question, de nombreux candidats se sentent mal à l’aise. Entre la peur de paraître trop vénal et celle de se sous-estimer, difficile de savoir quelle attitude adopter.
1ère erreur : Attaquer l’entretien par la question du salaire
Chaque chose en son temps ! Un entretien d’embauche, c’est d’abord l’occasion de mieux cerner les missions du poste proposé et de mieux comprendre les enjeux de l’entreprise qui vous reçoit. On attend donc plutôt la fin du rendez-vous pour parler salaire. « En général, c’est au recruteur de l’aborder, pas au candidat », explique Eudes Le Gars, fondateur du cabinet d’outsourcing CVdunet. « Cela fait partie des questions classiques que l’on pose pour vérifier que le candidat rentre bien dans la grille de rémunération qui a été définie. » L’usage veut donc que ce soit le recruteur qui lance le sujet, mais pas question pour autant de quitter l’entretien sans l’avoir évoqué. Si vous voyez que l’entrevue touche à sa fin et que le recruteur n’évoque toujours pas la rémunération, n’hésitez pas à lancer un : « Voulez-vous connaître mes prétentions salariales ? ». Vous démontrerez ainsi votre pragmatisme et votre capacité à prendre les choses en mains.
2e erreur : Gonfler son salaire actuel
Faut-il gonfler votre salaire actuel afin de pouvoir demander plus ? Avec cette stratégie, c’est quitte ou double. Pour Eudes Le Gars : « Il ne faut surtout pas mentir sur votre salaire car l’employeur peut effectuer une vérification en vous demandant votre fiche de salaire. Comment ferez-vous alors pour justifier que votre rémunération ait dégonflé comme un soufflé raté ? Maryvonne Labeille, du cabinet Labeille Conseil spécialisé en ressources humaines, préconise également une complète transparence : « mieux vaut avoir une attitude d’ouverture en annonçant clairement ce que vous gagnez. Dans un souci de transparence, vous pouvez d’ailleurs prendre le parti d’apporter avec vous votre fiche de paie au cas où. »
3e erreur : Donner un chiffre au hasard

Si le recruteur vous questionne sur ce que serait votre salaire idéal. N’y voyez pas là l’occasion de demander tout et n’importe quoi. Avant l’entretien, renseignez-vous sur la grille de salaire à laquelle appartient le poste. « Il faut savoir se situer sur le marché en tenant compte du secteur d’activité, de la localisation géographique et de la fonction. Vous pouvez notamment vous fier aux niveaux de salaire de vos homologues », conseille Maryvonne Labeille.
4e erreur : Une rémunération estimée au centime près
Lorsque vient le moment d’évoquer vos prétentions salariales, préférez une fourchette qui comprendra le montant en dessous duquel vous estimez ne pas vouloir descendre et celui que vous aimeriez atteindre. Cela offre une marge de manœuvre à l’employeur et laisse la discussion ouverte. « Il faut considérer que vous êtes un produit sur un marché », illustre Maryvonne Labeille. Ne vous bradez pas comme un invendu sous peine de connaître le même sort, mais n’exagérez pas non plus ou vous passerez pour un bêcheur malhonnête.
5e erreur : Se montrer vague
Quand on parle rémunération, il faut être précis ! Brut ou net, peu importe. Mais n’oubliez pas de le préciser à votre interlocuteur afin d’éviter les mauvaises surprises au moment où vous toucherez votre premier salaire. Lorsque vous parlez de salaire annuel, indiquez si vous traitez de salaire annuel sur 12 ou 13 mois. « Les candidats nous disent par exemple qu’ils souhaitent un salaire de 2 500 € par mois mais ils oublient de nous dire que c’est sur 13 mois et que c’est du net », constate Eudes Le Gars.
6e erreur : Être intransigeant
Le salaire proposé ne correspond pas tout à fait à vos attentes ? Essayez de négocier des avantages tels qu’une voiture de fonction, un téléphone portable, plus de vacances ou une réévaluation de votre salaire au bout de six mois. « C’est plutôt rassurant de voir qu’un candidat défend bien ses intérêts, surtout s’il postule à un poste de commercial, constate Maryvonne Labeille, c’est un bon test présageant de ce qu’il sera capable de faire pour l’entreprise ! » À condition bien sûr de négocier dans les règles de l’art, en faisant des propositions pertinentes et en justifiant vos demandes.

3, 4 ou 5 entretiens pour un job : comment s'en sortir ?

 


Grands groupes ou PME, aujourd’hui les recruteurs ne se contentent plus d’une seule entrevue. Il faut passer de nombreux entretiens, 3, 4, voire beaucoup plus. Comment s’adapter aux différents interlocuteurs et réussir ce parcours du combattant ?

Les entretiens en cascade sont de plus en plus courants. Le candidat est alors reçu par plusieurs interlocuteurs, parfois de manière consécutive. « J’ai le souvenir d’une personne qui a postulé au sein d’un cabinet de conseil et qui a été entendu au cours de 14 entretiens, à chaque fois avec des interlocuteurs différents ! », raconte Jérôme Bonnard, directeur du cabinet de recrutement RCBF Consulting. Mais n’ayez crainte, ce chiffre démesuré reste exceptionnel. « Dans le secteur de la finance, on oscille tout de même entre 6 et 8 entretiens pour des postes de cadres confirmés. »
Il faut être endurant et cohérent
Pourquoi un tel marathon ? Selon les recruteurs, l’objectif de ces rencontres à répétition ne serait pas de mettre le candidat à rude épreuve mais plutôt « d’avoir des regards croisés sur un profil », explique Loïc Verriele, cofondateur du cabinet de recrutement REPER, à Reims. La difficulté est alors de ne pas s’essouffler et de tenir sur la longueur. « Il ne faut pas être contradictoire dans ses propos ou avoir un discours trop formaté qui ne laisserait pas place à la spontanéité. » « Le piège, c’est de détailler son parcours à chaque fois, avec une pointe de lassitude dans la voix, ajoute Jérôme Bonnard. Pour éviter les redites, mieux vaut demander à l’interlocuteur, avant chaque entretien, sur quels points vous devez axer votre présentation », conseille-t-il.
  • 1ère étape : le cabinet de recrutement
Si vous postulez via un cabinet de recrutement, vous serez généralement reçu par un consultant lors d’un premier entretien d’embauche. « Notre rôle est de valider l’adéquation entre les compétences du candidat et le poste proposé », explique Jérôme Bonnard. Dans certains cas, à la demande de son client, le cabinet peut également soumettre un test de personnalité. « À l’issue de cette première rencontre, nous rédigeons un rapport et nous l’envoyons à l’entreprise », ajoute Loïc Verriele.
Prenez garde : le consultant est un professionnel du recrutement, il est donc à l’affût des contradictions et des maladresses. Pour faire mouche, préparez bien cette première étape et ne la sous-estimez pas.
  • 2ème et 3ème étapes : les ressources humaines
Votre premier interlocuteur au sein de l’entreprise sera un responsable des ressources humaines, qui peut être le DRH dans le cas des PME. Il n’est pas rare de rencontrer deux fois les ressources humaines. La première, lors d’un entretien collectif où elles engageront une « opération de séduction », selon Jérôme Bonnard. Leur rôle ? Parler de l’entreprise, de son secteur, du chiffre d’affaires, de ses concurrents… En bon élève, vous devez être attentif et prendre des notes. Vous pourrez ensuite poser des questions. Parfois, cette première rencontre est suivie d’une batterie de tests (anglais, informatique...).
Puis, vous rencontrerez une seconde fois les ressources humaines à l’occasion d’un entretien individuel cette fois. « L’objectif est alors de parler du poste, de valider les prises de référence et d’aborder la rémunération », détaille Jérôme Bonnard.

  • 4ème étape : le futur supérieur hiérarchique

Cette étape est primordiale car le N+1 aura un poids considérable dans le verdict final. Il tentera, durant cet entretien, de cerner votre personnalité mais aussi d’aborder « les aspects plus techniques du poste », explique Loïc Verriele. Il vous jugera selon vos compétences, afin de s’assurer que vous êtes opérationnel.
Le responsable hiérarchique peut également demander à plusieurs membres de votre future équipe de vous recevoir, et tester ainsi votre capacité à vous intégrer au groupe. « Durant cette étape, le candidat est évalué sur des critères relationnels, plus subjectifs… », avoue Jérôme Bonnard.
  • 5ème étape : le président-directeur général
Last but not least… S’il s’agit d’une petite ou moyenne entreprise, vous pourriez être convié à un court entretien par le PDG en personne. « C’est lui qui entérine le choix de ses collaborateurs. Son atout, c’est sa hauteur de vue », explique Loïc Verriele. Il mènera également le débriefing qui aboutira à la décision finale.
Au mieux, vous décrocherez le poste. Au pire, vous aurez amélioré votre endurance !

Un entretien en cabinet ? Soyez prêt !

 


Les cabinets de recrutement sont les grands manitous de la sélection de candidats. Fins psychologues, leurs consultants excellent dans l’art de l’entretien. Cinq conseils pour faire bonne impression lors de votre première rencontre.

Un recrutement sous garantie

La mission d’un cabinet de recrutement est de trouver et de sélectionner des candidats pour le compte d’une entreprise. Vous aurez donc à passer au moins un entretien préalable avec un consultant du cabinet avant de rencontrer le client, c’est-à-dire votre employeur potentiel.
« Le recruteur n’est pas là pour mettre des bâtons dans les roues des candidats mais bien pour trouver la perle rare », souligne Eric Hauptmann, responsable du cabinet Solution RH. Car un cabinet a une obligation de garantie vis-à-vis de son client. En cas d’échec, il devra recommencer la mission sans honoraires. D’où sa minutie et sa prudence !

1.    Soyez réactif

Un cabinet de recrutement vous a laissé un message pour vous proposer un entretien. Peu pressé, vous le rappelez tranquillement cinq jours après. Voilà de quoi anéantir toutes vos chances ! Et n’aggravez pas votre cas avec de mauvaises excuses : vous aviez une course à faire, votre répondeur est capricieux…

2.    Anticipez

Comme pour tout entretien de recrutement, ne venez pas les mains dans les poches. Votre capacité à anticiper la rencontre, en vous renseignant sur les spécificités du poste, consolidera votre candidature. Essayez de deviner ce qu’on attend de vous en fonction du l’offre. Projetez-vous dans le poste, informez-vous sur l’entreprise, interrogez une connaissance qui travaille dans ce secteur…
Montrez que vous avez fait l’effort de vous informer, voire de contourner certains obstacles. Dans le cas d’une annonce anonyme, utilisez tous les indices pour deviner de qui il s’agit. Prétexter que vous n’avez pas le nom de l’employeur ne sera pas une excuse... « Elle est où la curiosité ? Il est où l’esprit de conquête ? », grince Eric Hauptmann.

3.    Jouez la transparence

Le pire pour un cabinet de recrutement ? Le candidat qui dit oui à tout. Car sans éléments fiables à se mettre sous la dent, il ne prendra pas de risque. « On ne sait finalement pas ce qu’il pense », avertit Eric Hauptmann. N’oubliez pas que le consultant doit pouvoir ensuite argumenter sur vos points forts auprès de son client, à l’aide d’éléments factuels et précis. « Pour mettre le maximum de chances de votre coté, focalisez-vous sur vos compétences communes avec celles demandées pour le poste, en insistant sur les liens qui existent entre votre parcours et le projet de recrutement », explique Frédéric Cavalier, du cabinet Lynks Partner.
La transparence est donc de mise pour bâtir une relation de confiance. D’autant qu’un cabinet peut vous proposer un autre poste ou garder votre CV pour plus tard s’il s’aperçoit que vous ne pourriez pas vous épanouir dans l’emploi en question. « Le consultant doit être considéré comme un allié, et non comme un adversaire. Plus le candidat nous donnera d’informations, meilleur sera notre retour et notre capacité de conseil. »

4.    Sachez questionner

« Les candidats oublient qu’on les évalue aussi par les questions qu’ils posent », prévient Eric Hauptmann. Démontrez votre intérêt pour le poste et l’entreprise en interrogeant le consultant :

-    On aime =>
les questions sur la stratégie de l’entreprise, ses valeurs, ses perspectives de progression, l’évolution du poste…
-    On aime moins => les questions basiques ou sans rapport avec le poste, celles qui portent sur les avantages sociaux, surtout si elles sont posées en début d’entretien.

5.    Fixez la suite

Ne partez pas sans signer le bon de commande ! Une fois l’entretien terminé, validez avec le recruteur la suite des événements : qui appelle qui, et dans quel délai ? « Cela démontrera votre intérêt pour le job », observe Claude Baratay, gérant du cabinet Bream & Laanaia.
Rien ne vous empêche d’envoyer un mail si vous devez apporter une nouvelle information. Vous marquerez un point. En revanche, abstenez-vous d’énumérer vos points forts, c’est un peu tard pour le faire ! Les flatteries et remerciements abusifs (vous avez aimé le café, la déco du bureau, les fauteuils de la salle d’attente) sont aussi à éviter

Candidature spontanée : DRH ou opérationnel ? Visez juste !

 


Les candidats détestent qu'on le leur rappelle. Pourtant personnaliser sa candidature est plus que jamais un atout de poids si l'on veut se démarquer. Pas simple mais étonnamment efficace !
Si vous avez prévu d'inonder les employeurs avec des candidatures spontanées, vous risquez de trouver le temps long. « Dans le contexte actuel, ce n'est pas la meilleure façon d'attirer l'attention des recruteurs qui sont déjà très sollicités », prévient d'emblée Michel Lasbleis, directeur associé de Technologies sociales. Pour que cette piste donne des résultats, vous devez miser sur des envois moins nombreux mais plus ciblés. « La candidature spontanée nécessite un gros travail de recherche en amont », souligne Dominique Legoubey, qui a occupé la fonction de DRH. Devenue coach, elle insiste sur l'intérêt de jouer les Sherlock Holmes pour identifier le bon interlocuteur.
A qui adresser votre candidature ?
Faut-il adresser votre candidature spontanée au DRH ou au manager opérationnel ? « Je conseille d'entrer directement en contact avec le manager opérationnel, par exemple le directeur marketing si vous êtes chef de produit ou le chef de rubrique si vous êtes journaliste. Car si vous tapez dans l'œil de l'opérationnel, il vous recommandera auprès de la personne en charge du recrutement », affirme Michel Lasbleis.
Dominique Legoubey conseille toutefois de ne pas descendre trop bas dans la hiérarchie : « vous pourriez tomber sur un interlocuteur qui n'est pas au courant des besoins de l'entreprise ou qui n'a pas une vision globale des recrutements potentiels ou en cours. » Un manager, un chef de service sera donc le mieux placé pour apprécier l'intérêt de votre candidature. « Le responsable des ressources humaines est souvent trop sollicité et il a finalement moins de pouvoir de décision, surtout si la fonction est technique », précise Michel Lasbleis.
Comment obtenir son nom ?
« A l'attention du directeur commercial. » C'est déjà mieux que de ne rien indiquer, mais l'idéal est de trouver le nom et l'e-mail de ce fameux directeur. Non seulement votre candidature aboutira sans détour dans la boite mail de la personne concernée, mais vous démontrerez aussi votre intérêt pour l'entreprise en ayant pris la peine de faire des recherches. Pour mener votre enquête, faites parler vos informateurs :
- Le réseau : vous avez peut-être un ami, une connaissance, un membre de la famille qui travaille ou a travaillé dans l'entreprise visée. Il n'aura sans doute aucun mal à vous aider dans votre quête. Gros avantage : il pourra vous aiguiller directement vers la personne qui prend les décisions dans le service concerné. Demandez-lui également si vous pourriez le citer, car commencer votre courrier par « Bonjour, je vous écris de la part de... » crée une zone de confort chez votre interlocuteur et attirera tout de suite son attention. Jouer la carte du réseau est une bonne porte d'entrée pour une candidature spontanée.
- La standardiste ou la secrétaire : le coup de fil à la réception est une méthode simple, directe et efficace pour glaner ces informations, sans forcément préciser l'objet de son appel. « Si vous faites parler la personne de l'accueil, vous aurez fait un grand pas », souligne Michel Lasbleis. Rien ne vous empêche d'emprunter des chemins détournés pour trouver le fameux nom. Par exemple : « Bonjour, je souhaiterais envoyer une invitation au directeur commercial, pourriez-vous me confirmer son nom et son e-mail ? » L'adresse e-mail sera généralement plus facile à récupérer qu'un numéro de téléphone, jugé plus confidentiel. Profitez-en pour demander l'orthographe exacte de son nom. Le sérieux de votre démarche se reflète aussi dans ce genre de détails !
- Le site de l'entreprise : aujourd'hui, même les petites structures ont un site où vous pourriez trouver les renseignements dont vous avez besoin. Pour les grandes entreprises, parcourez les organigrammes ou les communiqués de presse, les noms y figurent souvent, plus rarement les coordonnées.
- Le Web : dernier recours, taper la fonction visée et le nom de l'entreprise sur Google, sur 123People ou sur des réseaux sociaux professionnels. Avec un peu de chance, vous pouvez tomber sur le nom et l'adresse e-mail tant convoités.

4 techniques d'entraînement à l'entretien d'embauche

 


L’entraînement, clé de la réussite pour décrocher un job ? D’accord, mais comment fait-on  ?

Être naturel, ça se travaille 
Le verdict d’Olivier Dardelin est sans appel : les postulants adoptent une attitude trop passive pendant un entretien. « Il faut être proactif, se préparer et s’entraîner. C’est la seule façon de faire la différence », conseille le président de Dardelin Conseils. « La capacité à faire passer un message, ça se pratique », renchérit Florence Beaurepaire, consultante pour le cabinet de conseil en recrutement Hudson.
Un passage obligé
Personne ne saurait se dispenser d’un entraînement. Savoir synthétiser son parcours, choisir les meilleurs arguments, réciter un discours sans qu’il paraisse appris par cœur,… seules des répétitions en bonne et due forme permettront de vous roder.
«Certains sont naturellement à l’aise à l’oral et ont une bonne mémoire, admet Florence Beaurepaire», s’ils retiendront plus facilement leur discours, l’entraînement reste recommandé pour optimiser leurs capacités.
Dans un contexte de forte concurrence, l’entraînement peut faire la différence, comme le souligne Olivier Dardelin. « Quand il y a 200 offres publiées pour 15 candidats, ceux-ci peuvent se permettre de moins se préparer. En revanche, pour ceux qui espèrent décrocher un emploi dans un domaine très concurrentiel, le niveau d’entraînement sera décisif. »
4 techniques pour un bon entraînement
1. Répéter devant un miroir

L’un des moyens les plus simples consiste à se placer face à un miroir et à se mettre dans les conditions d’un entretien d’embauche. Vous pouvez ainsi vous présenter en vous adressant à votre reflet. Surveillez votre position, votre langage corporel et pensez à vous écouter parler. Reformulez et répétez l’exercice jusqu’à ce que vous maîtrisiez votre discours et soyez parfaitement naturel.
Attention, prévient Olivier Dardelin, « la forme est aussi importante que le fond. » Si les informations délivrées sont passionnantes mais que le candidat n’est pas aimable ou ne semble pas convaincu de ce qu’il dit, l’entretien partira sur de mauvaises bases. « Le but est de donner envie de travailler avec vous », résume le coach.
2. Se filmer avec une webcam ou un caméscope

La technique du miroir présente toutefois un inconvénient majeur : celui de ne pas pouvoir visionner ses performances à tête reposée. Pour ceux qui le peuvent, utilisez plutôt une webcam ou un caméscope. En vous filmant, vous pourrez analyser les images a posteriori, mieux repérer vos défauts et adapter vos progrès.
Pensez à regarder votre video sans le son : vous repérerez ainsi plus rapidemment les gestes ou postures (se tordre les mains, se mordre les lèvres, froncer les sourcils, ...) qui parasitent le message que vous voulez faire passer. Lorsque vous remettez le son, attardez-vous également sur le ton de votre voix, le rythme de vos phrases, vos intonations... Tous ces messages "para-verbaux" contredisent parfois le message que vous souhaitez faire passer. P
3. Faire une liste de questions/réponses

Dresser une liste de questions, celles que le recruteur va inévitablement vous poser, et entraînez vous à y répondre. En panne d’idées sur le type de question auquel vous serez soumis, piochez dans les questions incontournables et inspirez vous des méthodes des recruteurs. Plus vous multiplierez les questions, mieux vous serez armé pour parer à toute éventualité.  Autre alternative : certains sites proposent des entraînements virtuels aux entretiens de recrutement tels que Jobinlive, mais le service est payant.
4. L’appel à un ami
Enfin, le « must » reste de faire appel à un proche pour qu’il joue le rôle du recruteur. Un ami ou parent sera bien plus intimidant qu’un miroir ou une webcam, et tant mieux ! Car plus l’exercice sera difficile, plus il sera efficace. Laissez-le choisir lui-même les questions pour vous mettre réellement dans l’ambiance.
Autre solution : montrer à votre ami la video de votre entretien fictif. Et demandez-lui de vous aider à repérer les contradictions entre ce que vous dites et votre comportement. Car vous ne le saviez peut-être pas mais votre corps révèle parfois ce que vous voulez cacher... Par exemple, tout en disant "J'ai beaucoup apprécié ma mission chez l'entreprise Trucmuche", vous commencez à vous trémousser sur votre chaise et votre voix monte d'un ton tandis que vous croisez les bras sur votre poitrine. Une fois ce comportement contradictoire repéré, vous n'essaierez plus de mentir.
Il faut également être prêt à affronter les différents types de recruteurs auxquels vous pouvez avoir affaire. En effet, prévient Florence Beaurepaire, « certains essaient de déstabiliser. Par exemple, ils invitent le candidat à s’assoir et ne disent rien, ils attendent de voir si leur interlocuteur prend l’initiative, s’il est mal à l’aise, s’il fait preuve d’impatience… » Pour ne pas perdre pied, l’idéal est de se mettre dans le contexte. Demandez donc à la personne jouant le recruteur fictif d’incarner quelqu’un d’amical, puis reprenez l’exercice avec un recruteur plus sec…
Attention : l’entraînement est l’aboutissement de tout un processus de préparation. Bien connaître l’entreprise et le poste, avoir repéré vos atouts et faiblesses, savoir quels arguments avancer, avoir préparé des questions à poser au recruteur,… toutes ces étapes sont incontournables avant de vous lancer à l’assaut des répétitions finales.