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lundi 17 janvier 2011

Recruteurs : ce qui leur met la puce à l’oreille

 


A la recherche du moindre indice, les recruteurs prennent des allures d’inspecteur Columbo quand vient le temps de l’entretien. Le but de leur enquête : lire entre les lignes pour débusquer le candidat idéal.

1) Testez votre curiosité
Le recruteur : Florian Mantione, directeur du Florian Mantione Institut (*Réseau international de conseil en ressources humaines)

Ce qu’il cherche à déceler : la curiosité des candidats

Pour Florian Mantione, un bon candidat est un candidat curieux. Celui qui s’est vraiment renseigné au préalable sur l’entreprise et sur le poste aura donc toutes ses chances de plaire. Selon lui, un candidat doit aussi s’intéresser à l’environnement et à l’évolution récente de son métier. « Vous n’êtes pas de simples exécutants, explique-t-il. Avoir un avis sur les grandes problématiques de votre secteur est primordial lors d’un entretien. »

Ses méthodes :

Le dada de Florian Mantione ? Le nom de votre lycée… « Vous étiez au lycée Lamartine ? Mais… qui est Lamartine au juste ? » L’objet d’une telle question : tester votre curiosité, mais aussi observer votre réaction lors d’une situation inattendue. Ensuite, plus classique, attendez-vous à être questionné sur l’entreprise et sur le poste que vous convoitez : quels sont les clients de l’employeur ? Ses fournisseurs ? Ses concurrents ?
2) Tester votre adéquation au poste
La recruteuse : Karin Gaudillat, chargée de recrutement chez Adecco Experts

Ce qu’elle cherche à déceler : l’épanouissement du candidat

Selon Karine Gaudillat, que ce soit en période de crise ou de plein emploi, les demandeurs d’emploi en France accordent beaucoup d’importance à leur futur environnement de travail. Ainsi, lors de ses entretiens, vérifier si le candidat pourra s’épanouir au mieux dans son poste est sa priorité. « Notre objectif est de réussir à 100 % l’intégration du candidat au sein de l’entreprise », insiste-t-elle.

Ses méthodes :

Dans quel type d’entreprise voulez-vous travailler ? Souhaitez-vous avoir des collaborateurs à manager ? Quelle amplitude de travail avez-vous l’habitude d’avoir  pour la réalisation de vos missions ? « Toutes ces questions me permettent de détecter efficacement si les attentes du candidat sont en adéquation avec le poste ou pas », raconte-t-elle. Par ailleurs, si ce dernier semble douter de ses aptitudes, des tests d’évaluation en ligne sont proposés par Adecco Experts pour l’aider à s’auto-évaluer.
3) Mesurer votre conviction
La recruteuse : Catherine Dervaux, directrice de l’agence de recrutement Men Way, Paris/Ile de France

Ce qu’elle cherche à déceler : le relationnel

Catherine Dervaux n’y va pas par quatre chemins : « avant même qu’un nouvel embauché soit en poste, la première chose que nos clients jugeront, c’est son relationnel. » Aucun entretien ne déroge donc à la règle : enthousiasme, pro-activité, souplesse, bonne humeur… tout est sondé. Et si ces conditions sont remplies, mais que les diplômes ou l’expérience professionnelle font défaut, son cœur peut balancer.

Ses méthodes :

Tout au long de l’entretien, Catherine Dervaux est aux aguets pour déceler « ce qui fait bouger » le candidat. « Montrez que vous êtes content d’être là, souriez, réagissez rapidement, soyez présent, investissez-vous ! » Regarder la table sans conviction est rédhibitoire…
4) Estimer votre motivation
Le recruteur : Frédérick Airès, responsable Développement et Innovation RH chez Teleperformance Centre Ouest
Ce qu’il cherche à déceler : la motivation et l’envie de se former
Chez Teleperformance, 95 % du recrutement concerne des postes de conseillers clients. Leur quotidien ? Répondre aux demandes des clients, et faire preuve de tact et de politesse à chaque appel, des missions plutôt délicates. « Il faut donc une certaine dose de ténacité et de motivation pour réussir dans ce métier », précise Frédérick Airès.
L’envie d’apprendre est tout aussi importante chez Teleperformance : « tout nouveau collaborateur qui nous rejoint bénéficie d’un parcours de formation, afin de devenir un conseiller clients efficace », explique Frédérick Airès.
Ses méthodes :
Après le test de culture générale et d’aptitude, les motivations du candidat sont passées au crible. Exemple : « si un candidat ne souhaite pas travailler sur la plage horaire du centre pour lequel il postule, il réduit considérablement ses possibilités d’embauche, estime-t-il. À contrario, un candidat, qui se révèle flexible et prêt à s’investir saura retenir notre attention. »
Enfin, question incontournable pour Frédérick Airès : « seriez-vous prêt à suivre une formation ? ». Or, surprise, bon nombre de candidats semblent réticents : « pour beaucoup, l’école est déjà loin derrière eux. » Et elle ne leur rappelle pas que de bons souvenirs... Dommage, car cette motivation se révèle déterminante pour le recruteur.

"Puis-je appeler vos anciens managers ?"

 


L’entretien touche à sa fin, tout s’est bien passé, mais le recruteur a soudain la malencontreuse idée de vous demander s’il peut contacter vos anciens employeurs pour les faire parler de vous … Qui citer ? Quels contacts joueront en votre faveur ? Avez-vous leur numéro sous la main ? Répondre efficacement à une demande de prise de références ne s’improvise pas. C’est au contraire en la préparant soigneusement que vous éviterez les impairs.

> Les références : une garantie supplémentaire

« Nous apprécions lorsqu’un candidat nous propose spontanément des références : pour nous, c’est une preuve d’organisation, de professionnalisme et surtout d’honnêteté. » Comme beaucoup de recruteurs, Alexia Pascarel, chargée de recherche pour le cabinet Vidal Associates, demande systématiquement aux candidats des références professionnelles. Si celles-ci sont requises au tout début du processus de recrutement, pour autant, les personnes citées ne sont appelées qu’en bout de chaîne, lorsque vous avez déjà passé toutes les étapes et que vous êtes tout proche d’être embauché…  « C’est une aide précieuse pour valider les résultats que nous avons trouvés au cours des tests et des entretiens, nous appelons au minimum deux références pour recouper les opinions. »
> Comment choisir vos références
Vous avez un avantage de votre côté : le recruteur ne peut légalement appeler l’un de vos anciens manageurs sans votre accord. A vous, donc, de choisir avec soin ceux qui sauront le mieux chanter vos louanges.
Préférez les N+1. Les employeurs souhaitent appeler vos supérieurs directs, ceux qui ont supervisé votre travail au quotidien. Evitez les simples collègues de bureau, trop enclins à la camaraderie selon les recruteurs.

Sélectionnez une référence par entreprise
. Un candidat qui a travaillé pour cinq employeurs et qui ne donne qu’une seule référence paraît douteux, les recruteurs en déduisent que vous vous êtes quittés en mauvais termes dans tous les autres cas. Idéalement, citez une référence pour chacune de vos expériences, en évitant bien sûr votre employeur actuel… Pour les juniors, n’hésitez pas à puiser vos références dans vos stages, vos emplois d’été ou vos activités bénévoles, à condition qu’elles soient significatives.
N’oubliez pas de les prévenir ! On s’en doute, un recruteur préfère tomber sur une personne référente qui n’a pas été prévenue de son appel, il gagne ainsi en spontanéité. Mais de votre point de vue, un référent prévenu vaut mieux qu’un référent ignorant : il saura mieux affûter ses arguments s’il a eu le temps de se préparer. C’est aussi une question de politesse, pour éviter l’effet de surprise.
> Questions type des recruteurs
La conversation entre le recruteur et la personne référée ne dure généralement pas plus de 10 minutes. Pas d’inquiétude, les questions sont souvent standard et visent surtout à vérifier que vous n’avez pas menti. Voici quelques morceaux choisis :
-    Combien de temps ce candidat a-t-il travaillé pour vous ?
-    Quelles étaient ses missions ?
-    Quel était le contexte ?
-    Etiez-vous son manageur direct 
-    Quelles sont les raisons de son départ ?
-    Avez-vous apprécié de travailler avec lui ? Pourquoi ?
-    Si l’on vous proposait de collaborer de nouveau avec lui, le feriez-vous ?
-    Le recommanderiez-vous sans hésitation ?
« Rares sont les commentaires négatifs, confirme Alexia Pascarel de Vidal Associates, en revanche si la personne référée cite des qualités différentes de celles que nous avions identifiées, nous y regardons à deux fois. »

Entretien en groupe : pensez collectif !

 


Si la compétition vous donne des airs de gladiateur, les entretiens de recrutement collectifs ne sont peut-être pas l'arène qui vous convient.  Retour sur une méthode de recrutement où les excès n'ont pas leur place.
Vous avez participé à un entretien de recrutement collectif, vous avez tout donné, vous êtes intervenu plus que vos petits camarades, bref, vous leur en avez mis plein la vue ! Et pourtant, à l'arrivée, vous n'avez pas été sélectionné. Peut-être n'avez-vous pas compris les enjeux et le déroulement de cet exercice basé sur l'écoute et le respect d'autrui.

Ce qu'il faut savoir sur les entretiens collectifs

Les entretiens de recrutement collectifs sont utilisés dans deux cas de figure :
-    Pour répondre à des problématiques de volume lorsque plusieurs postes sont à pourvoir sur un même métier, ou lorsque le turn-over est important
-   Pour valider des compétences pour des postes en contact avec le public Des secteurs comme la banque, les assurances, les centres d'appel, sont très friands de cette pratique qui permet de tester des candidats en faisant appel à des mises en situation proches de la réalité. Les sessions peuvent durer quelques heures ou s'étaler sur une journée. La partie collective n'est qu'une étape dans le recrutement : les candidats sélectionnés sont conviés le jour même ou plus tard à un entretien individuel approfondi.
Comment se déroulent-ils ? 
Les groupes sont généralement restreints pour permettre une bonne évaluation des candidats. La séance débute par la présentation de la société et du poste à pourvoir, puis se poursuit avec celle des participants, soit en faisant un tour de table, soit par le biais d'exercices visant à détendre l'atmosphère, en présentant par exemple son voisin après avoir fait sa connaissance. Les recruteurs utilisent ensuite des mises en situation réelles ou imaginaires - notamment le classique « vous êtes sur une île déserte... » - qui vont permettre de tester les compétences et les qualités requises pour le poste. Cela peut prendre la forme d'un jeu ou d'un travail en équipe.

Comment les candidats sont-ils évalués ?

Les recruteurs utilisent généralement des grilles qui vont reprendre les compétences demandées pour le poste, et vont noter chaque candidat. Quelques exemples de critères : votre façon de vous exprimer en public, votre capacité à argumenter, comment vous réagissez en équipe, comment vous allez vous comporter face à une situation particulière, si vous jouez le jeu du groupe... Votre esprit collectif sera un allié de poids, comme le rappelle Namia Benmansour, consultante chez Opteaman. « L'attitude positive du candidat vis-à-vis du groupe reste très importante. En entretien collectif, on ne recherche pas forcément la personne qui va prendre le dessus sur les autres. » Karine Tomasini, fondatrice du cabinet Net New Talent, abonde dans ce sens : « Certains candidats ont souvent tendance à en faire trop pour se démarquer. » Pour cette spécialiste en recrutement, toute la difficulté consiste à trouver un juste équilibre dans ses interventions. Une constance demeure : le respect de l'autre. « Cette notion a beaucoup de valeur, car cela va déboucher sur le respect de l'employeur. » Karine Tomasini conseille également de rester soi-même, mais aussi de sourire : « cela vous relaxera, ainsi que les personnes autour de vous ».
6 erreurs à éviter
1.      Couper la parole, ne pas écouter les autres.
2.      Critiquer ce que vient de dire un autre candidat.
3.      Rester dans votre coin sans prononcer un mot.
4.      Arriver en retard : « la notion de ponctualité est très importante car elle a un impact sur tout un groupe », souligne Namia Benmansour.
5.      Les fautes de langage, la difficulté à s'exprimer. Les évaluateurs sont toutefois en mesure de faire la part des choses si vos erreurs sont attribuables au stress.
6.      Une tenue trop décontractée. Dans le doute, le costume-cravate sera toujours moins préjudiciable que le jean-baskets !

Faut-il se préparer ?

Comme pour un entretien individuel, il est indispensable d'avoir tâté le terrain avant l'entretien. Renseignez-vous sur le poste et l'entreprise, préparez des questions. « L'environnement professionnel doit être analysé en amont pour comprendre pourquoi vous êtes là et quel sera le sens des exercices qu'on vous fera faire. » Quand vous êtes convoqué par téléphone, profitez-en pour demander quelles vont être les conditions et le cadre de l'entretien : ça se passe où ? Sur quels points allez-vous être évalué ? Quelle est la durée de l'exercice ? Etc. Attention à ne pas vous laisser distraire par l'ambiance de groupe, car vous ne participez pas à une simple réunion. « Les candidats vont être plus sollicités que pour un entretien classique, et le processus peut parfois durer toute une journée », prévient Namia Benmansour. Mieux vaut donc arriver frais et dispo pour rester concentré. Couchez-vous tôt et faites un peu de sport si cela vous aide à faire le vide.

Du côté des recruteurs

Les recruteurs ont aussi des devoirs vis-à-vis des candidats. Ils doivent :
-  Vous donner toutes les explications sur le cadre de l'entretien : comment cela va se passer ? Combien de temps ? Combien de personnes seront évaluées ?...
-  Être  en mesure d'évaluer si le stress influe sur vos compétences.
-   Ne pas vous placer dans une situation délicate ou dégradante vis-à-vis des autres.
-   Vous informer sur la suite des événements. « Il faut justifier au candidat pourquoi il n'a pas été retenu, et lui donner des éléments pour qu'il puisse rebondir par la suite », précise Karine Tomasini.

Quelle lettre de remerciement après un entretien ?

 


Après avoir passé un entretien dans une entreprise, il est de bon ton de remercier la personne qui vous a consacré du temps. C’est le moment de lui adresser une lettre de remerciement. « Cette démarche fait partie des bases de la recherche d’emploi, explique Candice Métral, responsable des ressources humaines chez Caterpillar Logistics. Elle permet aux candidats de confirmer leur intérêt pour le poste. » Et de relancer subtilement son interlocuteur.
Comme son nom l’indique, l’objectif premier de cette lettre est de remercier votre interlocuteur de vous avoir reçu et de reformuler votre envie, votre intérêt, voire votre enthousiasme pour ce poste. Inutile d’affirmer que vous êtes toujours « motivé », il faut savoir le démontrer en utilisant les informations récoltées en entretien.
Montrez que l’entretien a été utile
Au-delà des formules d’usage, vous devez mettre en évidence les points forts de l’entretien, ceux qui ont particulièrement retenu votre attention. « Le retour sur entrevue permet de voir si la personne a bien compris les exigences liées au poste et les attentes de l’entreprise vis-à-vis de ses futurs collaborateurs », affirme Naziha Miladi, chargée de développement en ressources humaines aux Assedic des Alpes.
Pour un commercial, par exemple, il peut être judicieux de rappeler que la mission consiste à faire augmenter les ventes de l’entreprise de 15 % dans un délai de 2 ans. Des informations qui ne sont pas toujours formulées dans les offres d’emploi. « La lettre doit souligner que l’entretien a été utile, qu’il  a apporté un plus par rapport à la situation antérieure. Elle doit aussi rappeler la pertinence de la candidature », précise Candice Métral. Attention, il n’est pas question ici de refaire un CV ou une lettre de motivation ! Vous devez simplement confirmer votre qualification pour l’emploi, compte tenu de ce que vous avez appris en « tête-à-tête ».
Dans certains cas, la lettre de remerciement permet d’apporter un complément d’information sur des éléments que vous avez oublié d’aborder durant l’entrevue. « Pour le candidat, c’est un moyen de répondre à des questions qui sont restées sans réponse, comme la disponibilité ou le niveau de salaire souhaité », poursuit la jeune recruteuse de Caterpillar Logistics.
10 à 15 lignes pour vous démarquer
Le recours à la lettre de remerciement après un entretien varie grandement selon les secteurs d’activité et le niveau de qualification des candidats. Un constat que confirme Candice Métral, qui recrute aussi bien des cadres que des ouvriers : « Pour les postes de cadres, cette lettre est devenue quasiment incontournable. En revanche, les ouvriers ne la rédigent pas de manière systématique. Ainsi, le candidat qui m’en fait parvenir une se démarque des autres. »
Du côté de la forme, la lettre de remerciement ne doit pas dépasser dix à quinze lignes. Elle peut être transmise dans le corps d’un courrier électronique; elle n’est pas obligatoirement envoyée par la poste ou en pièce jointe. Mais ne tardez pas trop, le recruteur doit la recevoir dans les deux à trois jours qui suivent l’entretien.

Que regardent les recruteurs dans votre CV ?

 


30 secondes pour un premier tri et quelques minutes d’examen supplémentaire suffisent à un recruteur pour sélectionner les CV qui l’intéressent. Alors que regarde-t-il ? Et comment faire pour que votre CV ait toutes les chances de se retrouver dans la pile des « A convoquer »  ?



Le premier tri est effectué par …

Pour donner toutes les chances à votre CV de passer la première étape, il faut comprendre comment ça marche. Selon l’organisation de l’entreprise, sa taille mais aussi le nombre de réponses reçues pour le poste, le premier tri s’effectue de différentes façons.
… un logiciel
Dans les grandes entreprises, ou quand le recruteur doit faire face à 200 candidatures, c’est un logiciel qui se charge de la première sélection de CV. Et comme vous pouvez l’imaginer, celui-ci n’est pas sensible à la mise en page. Au contraire même, si vous avez misé sur un CV très créatif, le logiciel peut avoir du mal à l’analyser, car lui, ce qu’il cherche ce sont des mots-clés. Pour lui plaire, il faut donc repérer les compétences et mots-clés importants et les inclure dans votre CV. Attention aux fautes de frappe et aux approximations, le logiciel ne peut détecter que les mots-clés exacts. Enfin, pensez à être complet puisque plus vous renseignez votre CV, plus vous avez de chance de vous faire repérer.
… un œil humain
Mais tous les recruteurs ne se servent pas de logiciel et de nombreux CV sont triés par un œil humain, un assistant RH ou le recruteur lui-même. Dans ce cas, dès l’ouverture du CV, c’est la forme qui saute aux yeux du recruteur. Il faut donc être LI-SI-BLE. Car vous pouvez avoir les meilleures qualifications du monde, si le recruteur ne peut pas saisir l’essentiel du document en un coup d’œil, il ne s’y attardera pas. Hélène Lefevre, en charge du recrutement chez Aviva, rappelle que « la présentation peut varier en fonction du profil. Un débutant mettra en avant sa formation, tandis qu’un confirmé commencera plutôt par ses expériences. » Mais pour tous, le mot d’ordre est le même : « un CV doit être lisible, aéré, et de présentation simple ». Simple et de bon goût…
A la première lecture, le recruteur va parcourir le texte avec une question en tête : « le CV correspond-il au profil recherché ? ». En quelques secondes, il repère, comme le logiciel, les mots-clés qui l’intéressent, le plus souvent ceux utilisés dans l’offre d’emploi. Si aucun de ces mots ne ressort, il y a de fortes chances qu’il écarte le CV. Au-delà des mots-clés, le recruteur évalue aussi le niveau d’expérience, grâce aux dates des expériences professionnelles, toujours en vue de vérifier la cohérence du CV avec le profil recherché.
Et la photo dans tout ça ? Quand elle figure dans un CV, elle participe forcément à la première impression. Pour autant, les recruteurs n’y sont pas tous favorables. Selon Charlotte Thill, chargée de recrutement chez Groupama Nord-Est, « la photo va plutôt à l’encontre de la tendance actuelle, qui veut qu’on élimine toute information risquant d’entraîner une discrimination ». D’autres recruteurs l’apprécient, ne serait-ce que parce qu’elle agrémente le document et aide à mémoriser les différents candidats.
Que se passe-t-il quand votre CV a passé le premier tri ?
Quand le recruteur approfondit son examen, il commence généralement par les expériences. Pour les profils commerciaux, le recruteur s’attache par exemple aux résultats obtenus lors des précédents postes. Pour un manager, il vérifie combien de collaborateurs le candidat a déjà géré. Pour un comptable, il regarde notamment la taille des entreprises dans lesquelles il a travaillé jusque là… En bref, ce qui importe, ce sont les informations concrètes. Selon Hélène Lefevre, « c’est idéal lorsqu’il y a une petite phrase descriptive pour chaque expérience, et qu’une ou deux sont détaillées davantage. »
Pour un profil junior, le recruteur s’attarde sur la  formation. Là aussi, il est friand de concret : quels projets l’étudiant a-t-il menés pendant ses études ? Quel était son sujet de mémoire ? A-t-il suivi des cours directement en lien avec le poste proposé ?
Sachez que les langues et les connaissances informatiques prennent de plus en plus d’importance dans le processus de sélection. Le recruteur tente alors d’évaluer le niveau de maîtrise, une simple liste ne lui suffit donc pas. Il va chercher par exemple à savoir si vous êtes capable de mener une conversation téléphonique en anglais ou si vous connaissez toutes les subtilités du Pack Office.
Quant à la rubrique Centres d’Intérêt, le recruteur s’en sert surtout pour se faire une première idée de votre personnalité. Il s’y attarde donc à la toute fin du processus, généralement lorsque le CV est déjà sélectionné pour l’entretien.
Dernière étape : la phase de vérification
Avant de vous convoquer pour un entretien, les recruteurs passent votre CV au détecteur de mensonges. Ils essaient de lire entre les lignes, notent les éventuelles incohérences entre les dates, vérifient la durée des expériences,… Les trous peuvent éveiller leur méfiance, surtout s’il y a un gouffre de dix ans entre deux expériences. Sachez que le recruteur peut aussi effectuer quelques recherches pour valider les informations du CV, il peut par exemple vérifier si les diplômes annoncés ont bien été obtenus ou si les titres d’emploi sont bien ceux que vous avez occupés.
Mais à moins de gros mensonges, sachez que ces doutes seront rarement rédhibitoires. Le recruteur se sert souvent de cette étape pour préparer l’entretien de recrutement, chacune de ses incertitudes pouvant faire l’objet d’une question.

Que recherchent les recruteurs en entretien ?

 


Pour les recruteurs, l’entretien d’embauche est un exercice essentiel qui va leur permettre de savoir si vous êtes le candidat idéal. Toutefois, ils disposent de peu de temps. Alors sur quoi vont-ils se concentrer ?
Avez-vous menti sur vos compétences ?
Si vous êtes arrivé jusqu’à l’entretien, c’est que le recruteur a déjà estimé que vous possédez les capacités requises. L’entretien va donc lui permettre d’affiner son évaluation et de vérifier si vos compétences correspondent bien à ce qui est affiché sur votre CV.
Si vous avez affaire à votre futur manager, vous n’échapperez aux questions techniques et mises en situation du type : « Si vous vous retrouviez face à tel problème, comment le régleriez-vous ? ». Le recruteur peut aller plus loin en vous proposant un petit test de compétences ou un exercice pratique, par exemple réaliser un travail graphique sur Photoshop pour un webdesigner. Sans oublier les langues : si le poste nécessite la maîtrise de l’anglais, il y a de fortes chances pour qu’une partie de l’entretien se fasse dans la langue de Shakespeare.


Êtes-vous motivé par CE poste et CETTE entreprise ?
« Le recruteur a besoin d’être rassuré, il veut savoir qu’il fait le bon choix, analyse Axelle Mitanchet, responsable recrutement de la  société SPB. L’implication dans l’entretien et l’intérêt porté au poste sont donc très importants. » La motivation peut même faire toute la différence entre deux candidats de compétences égales. Pour évaluer votre enthousiasme pour le poste, le recruteur pourra opter pour des questions du type :
  • Qu'est-ce qui vous attire le plus dans l’emploi proposé ?
  • Pourquoi choisiriez-vous notre entreprise plutôt qu'une autre ?
  • Connaissez-vous notre culture d'entreprise ?
  • Quels aspects de votre dernier emploi préfériez-vous ?
  • Lesquels aimiez-vous le moins ?
  • Y-a-t-il d’autres postes dans notre entreprise qui vous intéresseraient ?
  • Est-ce que vous jugez avoir réussi cet entretien ?
Il veut percer à jour votre vraie personnalité
En fonction de votre débit de parole, de votre attention et de vos réactions, le recruteur tente aussi de se faire une idée de votre personnalité. « Les recruteurs sont très sensibles au non-verbal. C’est une question de feeling », souligne Axelle Mitanchet. Des bras croisés sont en général interprétés comme un manque d’ouverture et d’écoute. Des yeux fuyants peuvent indiquer une personnalité timide ou peu sociable…
Du côté des questions, les recruteurs peuvent aborder toute une panoplie de sujets pour mettre à jour votre tempérament :
  • Avez-vous déjà fait face à un conflit ? Comment l'avez-vous résolu?
  • La pression vous motive-t-elle ou vous stresse-t-elle ?
  • Quelle a été la décision la plus difficile que vous ayez jamais eu à prendre ?
  • Quelle expérience professionnelle a été la plus riche d'enseignements pour vous ?
  • Que faites-vous si votre manager ne prend pas en compte l'une de vos suggestions ?
  • Où se situe pour vous l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?

Vous intégrerez-vous facilement dans l’entreprise ?
« Nous essayons d’évaluer l’adhésion du candidat aux valeurs du groupe et à l’esprit d’équipe », explique Axelle Mitanchet. Pour cela, le recruteur peut par exemple vous demander quelles étaient vos relations avec vos anciens collègues ou encore dans quelle ambiance professionnelle vous vous sentez le mieux. Il peut aussi être plus subtil et déduire ces renseignements de la façon dont vous vous comportez. Par exemple, si vous expliquez que vous appréciez le travail en équipe et prenez en compte l’opinion des autres alors que vous ne l’écoutez pas quand il vous parle, il notera le manque de cohérence entre votre discours et votre attitude.

Votre projet professionnel est-il en adéquation avec l’entreprise ?
« Le candidat doit prouver qu’il n’est pas là par hasard, prévient Jean-Louis Michelet, fondateur de Primastone Consultant, société de conseil en évolution professionnelle. Car c’est un potentiel de progrès que le recruteur cherche à évaluer ». Vous devez être capable d’expliquer pourquoi vous avez choisi cette entreprise et ce que vous attendez de votre carrière. Aimez-vous vous adapter au changement, par exemple avec des formations complémentaires ? Combien de temps vous imaginez-vous rester à ce poste ? Pensez-vous pouvoir progresser davantage ?
Le recruteur cherche tout simplement à savoir si vous avez l’intention de quitter l’entreprise dans six mois, le laissant de nouveau avec un poste à pourvoir et quelqu’un à former. Comme l’explique Jean-Louis Michelet, « exposer un projet professionnel prouve aussi que vous connaissez bien le poste. C’est un bon moyen de montrer que vous savez dans quoi on vous vous embarquez. » Et c’est exactement ce que veut découvrir le recruteur : pourra-t-il compter sur vous à long terme ?

3, 4 ou 5 entretiens pour un job : comment s'en sortir ?

 


Grands groupes ou PME, aujourd’hui les recruteurs ne se contentent plus d’une seule entrevue. Il faut passer de nombreux entretiens, 3, 4, voire beaucoup plus. Comment s’adapter aux différents interlocuteurs et réussir ce parcours du combattant ?

Les entretiens en cascade sont de plus en plus courants. Le candidat est alors reçu par plusieurs interlocuteurs, parfois de manière consécutive. « J’ai le souvenir d’une personne qui a postulé au sein d’un cabinet de conseil et qui a été entendu au cours de 14 entretiens, à chaque fois avec des interlocuteurs différents ! », raconte Jérôme Bonnard, directeur du cabinet de recrutement RCBF Consulting. Mais n’ayez crainte, ce chiffre démesuré reste exceptionnel. « Dans le secteur de la finance, on oscille tout de même entre 6 et 8 entretiens pour des postes de cadres confirmés. »
Il faut être endurant et cohérent
Pourquoi un tel marathon ? Selon les recruteurs, l’objectif de ces rencontres à répétition ne serait pas de mettre le candidat à rude épreuve mais plutôt « d’avoir des regards croisés sur un profil », explique Loïc Verriele, cofondateur du cabinet de recrutement REPER, à Reims. La difficulté est alors de ne pas s’essouffler et de tenir sur la longueur. « Il ne faut pas être contradictoire dans ses propos ou avoir un discours trop formaté qui ne laisserait pas place à la spontanéité. » « Le piège, c’est de détailler son parcours à chaque fois, avec une pointe de lassitude dans la voix, ajoute Jérôme Bonnard. Pour éviter les redites, mieux vaut demander à l’interlocuteur, avant chaque entretien, sur quels points vous devez axer votre présentation », conseille-t-il.
  • 1ère étape : le cabinet de recrutement
Si vous postulez via un cabinet de recrutement, vous serez généralement reçu par un consultant lors d’un premier entretien d’embauche. « Notre rôle est de valider l’adéquation entre les compétences du candidat et le poste proposé », explique Jérôme Bonnard. Dans certains cas, à la demande de son client, le cabinet peut également soumettre un test de personnalité. « À l’issue de cette première rencontre, nous rédigeons un rapport et nous l’envoyons à l’entreprise », ajoute Loïc Verriele.
Prenez garde : le consultant est un professionnel du recrutement, il est donc à l’affût des contradictions et des maladresses. Pour faire mouche, préparez bien cette première étape et ne la sous-estimez pas.
  • 2ème et 3ème étapes : les ressources humaines
Votre premier interlocuteur au sein de l’entreprise sera un responsable des ressources humaines, qui peut être le DRH dans le cas des PME. Il n’est pas rare de rencontrer deux fois les ressources humaines. La première, lors d’un entretien collectif où elles engageront une « opération de séduction », selon Jérôme Bonnard. Leur rôle ? Parler de l’entreprise, de son secteur, du chiffre d’affaires, de ses concurrents… En bon élève, vous devez être attentif et prendre des notes. Vous pourrez ensuite poser des questions. Parfois, cette première rencontre est suivie d’une batterie de tests (anglais, informatique...).
Puis, vous rencontrerez une seconde fois les ressources humaines à l’occasion d’un entretien individuel cette fois. « L’objectif est alors de parler du poste, de valider les prises de référence et d’aborder la rémunération », détaille Jérôme Bonnard.

  • 4ème étape : le futur supérieur hiérarchique

Cette étape est primordiale car le N+1 aura un poids considérable dans le verdict final. Il tentera, durant cet entretien, de cerner votre personnalité mais aussi d’aborder « les aspects plus techniques du poste », explique Loïc Verriele. Il vous jugera selon vos compétences, afin de s’assurer que vous êtes opérationnel.
Le responsable hiérarchique peut également demander à plusieurs membres de votre future équipe de vous recevoir, et tester ainsi votre capacité à vous intégrer au groupe. « Durant cette étape, le candidat est évalué sur des critères relationnels, plus subjectifs… », avoue Jérôme Bonnard.
  • 5ème étape : le président-directeur général
Last but not least… S’il s’agit d’une petite ou moyenne entreprise, vous pourriez être convié à un court entretien par le PDG en personne. « C’est lui qui entérine le choix de ses collaborateurs. Son atout, c’est sa hauteur de vue », explique Loïc Verriele. Il mènera également le débriefing qui aboutira à la décision finale.
Au mieux, vous décrocherez le poste. Au pire, vous aurez amélioré votre endurance !

Un entretien en cabinet ? Soyez prêt !

 


Les cabinets de recrutement sont les grands manitous de la sélection de candidats. Fins psychologues, leurs consultants excellent dans l’art de l’entretien. Cinq conseils pour faire bonne impression lors de votre première rencontre.

Un recrutement sous garantie

La mission d’un cabinet de recrutement est de trouver et de sélectionner des candidats pour le compte d’une entreprise. Vous aurez donc à passer au moins un entretien préalable avec un consultant du cabinet avant de rencontrer le client, c’est-à-dire votre employeur potentiel.
« Le recruteur n’est pas là pour mettre des bâtons dans les roues des candidats mais bien pour trouver la perle rare », souligne Eric Hauptmann, responsable du cabinet Solution RH. Car un cabinet a une obligation de garantie vis-à-vis de son client. En cas d’échec, il devra recommencer la mission sans honoraires. D’où sa minutie et sa prudence !

1.    Soyez réactif

Un cabinet de recrutement vous a laissé un message pour vous proposer un entretien. Peu pressé, vous le rappelez tranquillement cinq jours après. Voilà de quoi anéantir toutes vos chances ! Et n’aggravez pas votre cas avec de mauvaises excuses : vous aviez une course à faire, votre répondeur est capricieux…

2.    Anticipez

Comme pour tout entretien de recrutement, ne venez pas les mains dans les poches. Votre capacité à anticiper la rencontre, en vous renseignant sur les spécificités du poste, consolidera votre candidature. Essayez de deviner ce qu’on attend de vous en fonction du l’offre. Projetez-vous dans le poste, informez-vous sur l’entreprise, interrogez une connaissance qui travaille dans ce secteur…
Montrez que vous avez fait l’effort de vous informer, voire de contourner certains obstacles. Dans le cas d’une annonce anonyme, utilisez tous les indices pour deviner de qui il s’agit. Prétexter que vous n’avez pas le nom de l’employeur ne sera pas une excuse... « Elle est où la curiosité ? Il est où l’esprit de conquête ? », grince Eric Hauptmann.

3.    Jouez la transparence

Le pire pour un cabinet de recrutement ? Le candidat qui dit oui à tout. Car sans éléments fiables à se mettre sous la dent, il ne prendra pas de risque. « On ne sait finalement pas ce qu’il pense », avertit Eric Hauptmann. N’oubliez pas que le consultant doit pouvoir ensuite argumenter sur vos points forts auprès de son client, à l’aide d’éléments factuels et précis. « Pour mettre le maximum de chances de votre coté, focalisez-vous sur vos compétences communes avec celles demandées pour le poste, en insistant sur les liens qui existent entre votre parcours et le projet de recrutement », explique Frédéric Cavalier, du cabinet Lynks Partner.
La transparence est donc de mise pour bâtir une relation de confiance. D’autant qu’un cabinet peut vous proposer un autre poste ou garder votre CV pour plus tard s’il s’aperçoit que vous ne pourriez pas vous épanouir dans l’emploi en question. « Le consultant doit être considéré comme un allié, et non comme un adversaire. Plus le candidat nous donnera d’informations, meilleur sera notre retour et notre capacité de conseil. »

4.    Sachez questionner

« Les candidats oublient qu’on les évalue aussi par les questions qu’ils posent », prévient Eric Hauptmann. Démontrez votre intérêt pour le poste et l’entreprise en interrogeant le consultant :

-    On aime =>
les questions sur la stratégie de l’entreprise, ses valeurs, ses perspectives de progression, l’évolution du poste…
-    On aime moins => les questions basiques ou sans rapport avec le poste, celles qui portent sur les avantages sociaux, surtout si elles sont posées en début d’entretien.

5.    Fixez la suite

Ne partez pas sans signer le bon de commande ! Une fois l’entretien terminé, validez avec le recruteur la suite des événements : qui appelle qui, et dans quel délai ? « Cela démontrera votre intérêt pour le job », observe Claude Baratay, gérant du cabinet Bream & Laanaia.
Rien ne vous empêche d’envoyer un mail si vous devez apporter une nouvelle information. Vous marquerez un point. En revanche, abstenez-vous d’énumérer vos points forts, c’est un peu tard pour le faire ! Les flatteries et remerciements abusifs (vous avez aimé le café, la déco du bureau, les fauteuils de la salle d’attente) sont aussi à éviter